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Slides 1 – loi binomiale

Allez, on reprend les cours, après un peu plus de deux semaines d’interruption… Mais je reprends tranquillement, en revenant sur des rappels que j’avais fait au premier cours, et dont on aura finalement besoin très bientôt ! On revient sur la loi de Bernoulli, la loi binomiale et la loi multinomiale. Et on parlera inférence, et tests. Les slides sont en ligne (slides 1) et la vidéo aussi (slides 1)

Il y a une coquille dans les slides (7 et 8) mais je n’ai pas interrompu la vidéo et j’essayais de continuer comme si de rien n’était. Pour la proportion \widehat{p}, on a juste la loi asymptotique Gaussienne (ou une transformation de la loi Binomiale à distance finie, mais pas de loi de Student, désolé pour le copier-coller depuis des vieux slides qui parlaient d’estimation de moyenne \overline{x} pour des observations supposées Gaussiennes)

J’essaye de limiter le nombre d’erreurs, mais ces cours à distance me prennent beaucoup de temps, et je n’ai pas le courage pour refaire les vidéos, pour l’instant. Toutes mes excuses.

 

 

Reprise des cours (à venir)

Lundi, les cours de la session d’hiver reprennent… à distance. Je vais mettre en ligne une série de capsules vidéos pour finir le cours, sur les GLM. J’ai mis en ligne une première vidéo (slides 0) pour annoncer le plan. J’ai fait des slides rapidement (ça changera des cours que je faisais au tableau) et je fais des enregistrement unique, sans montage, histoire de mettre en ligne rapidement le cours en ligne. Le pdf des slides est aussi en ligne (slides 0). J’essayerais de mettre les vidéos en ligne au fur et à mesure. Je ne suis pas particulièrement fier de moi, mais quitte à perdre du temps à faire le guignol devant la caméra, autant que ça serve au plus grand nombre.

Ah oui, il y a probablement des coquilles, voire des erreurs dans les slides… les commentaires sont ouverts pour me faire part de toute suggestion !

Il était prévisible que Léonard DiCaprio ne survive pas au naufrage du Titanic

Vendredi dernier, j’ai mis en ligne un petit quiz pour prédire qui a survécu au naufrage du Titanic, en 1912. J’avais mis en ligne une sous-base avec quelques passagers

loc_fichier = "http://freakonometrics.free.fr/titanic.RData"
download.file(loc_fichier, "titanic.RData")
load("titanic.RData")
str(base)

et plus précisément

  • Survived: Passenger survival indicator (1 if survived)
  • Pclass: Passenger class
  • Sex: Sex of the passenger
  • Age: Age of the passenger
  • SibSp: Number of siblings/spouses aboard
  • Parch: Number of parents/children aboard
  • Embarked: Port of Embarkation
  • Name: Name of passenger

La dernière variable ne sert pas à grand chose, donc on la vire,

base = base[,1:7]

On va maintenant pouvoir répondre aux questions.

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Qui a survécu au naufrage du Titanic?

also known as quiz numéro 4 du cours STT5100 (de la session d’hiver). Vendredi dernier, alors que nous terminions le cours vers midi, François Legault a décrété l’état d’urgence sanitaire pour une quinzaine de jours. Le cours est donc sur la glace depuis une semaine, et (pour l’instant) encore une bonne semaine.

Les deux derniers cours ont été l’occasion de voir comment faire, et comment analyser, une régression logistique. Histoire de briser un peu le confinement que l’on connaît depuis une semaine, j’ai envoyé ce matin un quiz aux étudiants, et j’en profite pour le mettre en ligne (la correction arrivera dans le milieu de la semaine prochaine) pour tous ceux qui voudraient se pratiquer un peu sur les modèles de classification…

J’ai mis en ligne une base de données avec des informations sur les passagers du Titanic, qui est un paquebot qui a fait naufrage il y a plus d’un siècle (certains ont peut être vu le documentaire)

loc_fichier = "http://freakonometrics.free.fr/titanic.RData"
download.file(loc_fichier, "titanic.RData")
load("titanic.RData")
str(base)

On a dans la base

  • Survived: Passenger survival indicator (1 if survived)
  • Pclass: Passenger class
  • Sex: Sex of the passenger
  • Age: Age of the passenger
  • SibSp: Number of siblings/spouses aboard
  • Parch: Number of parents/children aboard
  • Embarked: Port of Embarkation
  • Name: Name of passenger

La dernière variable ne sert pas à grand chose, donc on la vire,

base = base[,1:7]

J’ai ensuite posé une série de questions,

  1. quelle proportion de passagers ont survécu ?
  2. quelle proportion de passagers de première classe ont survécu ?
  3. quelle est la statistique de test pour un test d’indépendance du chi-deux [vu en cours vendredi dernier] entre le fait de survivre (ou pas) et la classe ?
  4. ensuite il faut faire une régression logistique, et prévoir la probabilité de survie pour deux passagers (fictifs) du paquebot
newbase = data.frame(
  Pclass = as.factor(c(1,3)),
  Sex = as.factor(c("female","male")),
  Age = c(17,20),
  SibSp = c(1,0),
  Parch = c(2,0),
  Embarked = as.factor(c("S","S")),
  Name = as.factor(c("Winslet, Miss. Kate","DiCaprio, Mr. Leonardo")))

Je ne peux mettre le formulaire de réponse en ligne ici, mais les commentaires sont ouverts pour ceux qui voudraient d’entraîner un peu pendant cette période un peu longue de confinement…

De la qualité d’un classifieur

On va profiter de la quarantaine pour mettre en ligne un billet sur la courbe ROC, la receiver operating characteristic. Considérons une petite base de données avec n=10 observations, deux variables continues, x_1 et x_2, et la variable d’intérêt binaire y\in\{0,1\}. On peut représenter les points dans le plan (x_1,x_2), et on utilise une couleur différente pour y\in\{0,1\}.

x1 = c(.4,.55,.65,.9,.1,.35,.5,.15,.2,.85)
x2 = c(.85,.95,.8,.87,.5,.55,.5,.2,.1,.3)
y = c(1,1,1,1,1,0,0,1,0,0)
df = data.frame(x1=x1,x2=x2,y=as.factor(y))
plot(x1,x2,col=c("red","blue")[1+y],pch=19,cex=1.5)

On peut alors faire une régression logistique, de telle sorte que \mathbb{P}(Y=1|x_1,x_2)=\frac{e^{\beta_0+\beta_1x_1+\beta_2x_2}}{1+e^{\beta_0+\beta_1x_1+\beta_2x_2}}On peut visualiser l’ensemble des points (x_1,x_2) pour lesquels \mathbb{P}(Y=0|x_1,x_2)=\mathbb{P}(Y=1|x_1,x_2)(on a alors autant de chance d’être rouge et bleu) soit \beta_0+\beta_1x_1+\beta_2x_2=0 qui correspond à une droite,

reg = glm(y~x1+x2,data=df,family=binomial(link = "logit"))
b = coefficients(reg)
abline(a=-b[1]/b[3],b=-b[2]/b[3])

On peut alors représenter y_i en fonction du score, i.e. l’estimation de \mathbb{P}(Y=1|x_{1,i},x_{2,i}),

Y = df$y
S = predict(reg,type="response")
plot(S,y,xlab="probabilité prédite",ylab="y")

On va alors se donner un seuil (par exemple 50\%) : si la probabilité que Y prenne la valeur 1 excède le seuil, on prédit 1 (et sinon 0). Sur la figure ci-dessus, on a alors 4 sortes de points : ceux à gauche du seuil (et qui sont prédits 0), qui sont bien classés s’ils sont en bas, et mal classés en haut; à droite du seuil (et qui sont prédits 1), ils sont bien classés s’ils sont en haut, et mal classés en bas [dans le code ci-dessous, le symbole &gt désigne l’opérateur “supérieur“, qui malheureusement ne passe pas dans cet éditeur]

seuil = .5
Yhat = (S>seuil)*1
plot(S,y,xlab="probabilité prédite",ylab="y",pch=19,
     col=c("red","blue")[1+(y==Yhat)])
abline(v=seuil,lty=2)

Les couleurs reflètent le bon ou mauvais classement : les points rouges correspondent à des erreurs de classement. On peut retrouver tout ça dans le tableau de contingence ci-dessous,  qui correspond au tableau standard d’un test d’hypothèse

table(Yhat,Y)
    Y
Yhat 0 1
   0 3 1
   1 1 5

Ce qui va nous intéresser ici à deux grandeurs particulières : le taux de faux positifs et le taux de vrais positifs,

  FP=sum((Ps==1)*(Y==0))/sum(Y==0)    
  TP=sum((Ps==1)*(Y==1))/sum(Y==1)

On a obtenu ce tableau à un seuil donné (ici 50\%) mais on peut regarder ce qui se passe lors que le seuil change, comme sur l’animation ci-dessous, où on trace, à droite, le taux de vrais positifs (sur l’axe y) en fonction du taux de faux positifs (sur l’axe x

L’ensemble des points donne la courbe ROC.

roc.curve=function(s,print=FALSE){
  Ps=(S>s)*1 
  FP=sum((Ps==1)*(Y==0))/sum(Y==0)    
  TP=sum((Ps==1)*(Y==1))/sum(Y==1)   
  if(print==TRUE){  
    print(table(Observed=Y,Predicted=Ps))   
  }
  vect=c(FP,TP)
  names(vect)=c("FPR","TPR") 
  return(vect)}
u = seq(0,1,length=251)
V = Vectorize(roc.curve)(u)
plot(t(V),type="s",xlab="Faux Positifs",ylab="Vrais Positifs")
segments(0,0,1,1,col="light blue")

On peut vérifier que le point qu’on avait obtenu avec un seuil de 50\% est bien sur la courbe

table(Yhat,Y)
    Y
Yhat 0 1
   0 3 1
   1 1 5
(FP = sum((Yhat)*(Y==0))/sum(Y==0))
[1] 0.25
(TP = sum((Yhat==1)*(Y==1))/sum(Y==1))
[1] 0.8333333
abline(v=FP,lty=2,col="blue")
abline(h=TP,lty=2,col="blue")
points(FP,TP,pch=19,cex=1.5)

Bien entendu, il y a (beaucoup) de packages R qui permettent d’avoir cette courbe,

library(ROCR)
pred = prediction(S,Y)
plot(performance(pred,"tpr","fpr"))

Une grandeur intéressante est appelée aire sous la courbe (ou AUC) qu’on peut calculer ici à la main (on a une simple fonction en escalier)

p1 = roc.curve(1/3)
p2 = roc.curve(.7)
p2[1]*p2[2]+(p1[1]-p2[1])*p1[2]+(1-p1[1]) 
[1] 0.875


mais qu’on peut avoir automatiquement

auc.perf = performance(pred, measure = "auc")
auc.perf@y.values[[1]]
[1] 0.875

Allez, tentons un autre classifieur : toujours une régression logistique, mais sur un facteur obtenu en coupant la seconde variable en deux, \boldsymbol{1}_{[s,\infty)}(x_2)

reg = glm(y~I(x2>.525),data=df,family=binomial(link = "logit"))
abline(h=.525)

La droite horizontale n’est plus la droite qui donne autant de chance d’être rouge que bleu, mais qui coupe la variable x_2. Ici, on prédit juste deux valeurs : 40\% de chance d’être bleu en bas, et 80\% de chance d’être bleu, en haut. Si on représente observations y_i en fonction des probabilités prédites, on obtient

Y = df$y
S = predict(reg,type="response")
plot(S,y,xlab="probabilité prédite",ylab="y",xlim=0:1)

Avec un seuil à 50\%, on obtient le tableau de contingence suivant (avec 3 erreurs, contre 2 auparavant)

seuil = .5
Yhat = (S>seuil)*1
table(Yhat,Y)
    Y
Yhat 0 1
   0 3 2
   1 1 4

Si on trace la courbe ROC, on obtient

roc.curve=function(s,print=FALSE){
  Ps=(S>s)*1 
  FP=sum((Ps==1)*(Y==0))/sum(Y==0)    
  TP=sum((Ps==1)*(Y==1))/sum(Y==1)   
  if(print==TRUE){  
    print(table(Observed=Y,Predicted=Ps))   
  }
  vect=c(FP,TP)
  names(vect)=c("FPR","TPR") 
  return(vect)}
u = seq(0,1,length=251)
V = Vectorize(roc.curve)(u)
plot(t(V),type="l",xlab="Faux Positifs",ylab="Vrais Positifs")
segments(0,0,1,1,col="light blue")

Cette fois, la courbe n’est plus constante par morceaux, mais linéaire par morceaux, et continue… L’interprétation est un peu plus subtile: cette fois, on a deux régions de l’espace, et dans chaque région, on ne sait pas trop comment distinguer (la probabilité est plate partout ici, contraitement à la régression précédante). Autrement dit, dans cette région, on a une proba constante, par exemple 40\% (en bas) : quand on doit prévoir pour un individu dans cette région, on lui attribue les valeurs \{0,1\} respectivement avec les probabilités \{40\%,60\%\}. Quand on a une probabilité constante, on parle de classifieur aléatoire… La diagonale bleue sur la figure ci-dessus est justement un classifieur aléatoire… C’est ce qu’on obtient si on prédit au hasard

pred = prediction(S,Y)
plot(performance(pred,"tpr","fpr"))

Le point est obtenu avec un seuil de 50\% (ou en fait, n’importe quelle valeur entre 40\% et 80\%). On peut là encore calculer l’aire sous la courbe, cette fois à l’aide de trapèzes (ou de triangles)

p1 = roc.curve(.5)
p2[1]*p2[2]/2+(1-p1[1])*p1[2]+(1-p1[1])*(1-p1[2])/2
[1] 0.7083333
auc.perf = performance(pred, measure = "auc")
auc.perf@y.values[[1]]
[1] 0.7083333